BACK-GROUND / Floirac (FR) Europan 15

Projet remarqué, prix spécial du jury Europan France



« Quelquefois on rencontre des petits signes abandonnés sur la terre. Ils ne sont pas importants, ils ne veulent pas dire grand-chose, et il faut se pencher tout près du sol pour les apercevoir. Rien du tout, juste quelques petits messages à moitié cachés dans la terre qu‘il faut déchiffrer. »

J.M.G. Le Clézio - L’inconnu sur la terre



Europan 15 / Villes Productives 2



Le thème d’Europan 15 est dans la continuité de celui d’Europan 14 - « Villes productives » - qui est un thème complexe et crucial dans les mutations des villes européennes aujourd’hui.

Cette session, Europan souhaiterait mettre l’accent plus particulièrement sur la question de la transition écologique liée à une vision de la ville productive pour l’avenir. 


La transition productive écologique a besoin de considérer les synergies –plutôt qu’une pensée dualiste–entre écosystèmes, entre biotopes et artefacts, entre fonctions et usages, entre citoyens… Créer la synergie entre ces éléments est une autre façon de penser et faire la ville pour anticiper et responsabiliser les responsables urbains autour de l'environnement et de la vie.


https://www.europanfrance.org/concours

Site de Floirac

Bordeaux Métropole, Plaine Sud Garonne

Entre Garonne et Parc des Coteaux



COMMENT LE SITE CONTRIBUE-T-IL À LA VILLE PRODUCTIVE ?


Aux limites de la métropole dense et de l’opération Euratlantique, la plaine Sud Garonne apparaît comme un territoire cloisonné par la juxtaposition de sites ou d’activités autarciques : un centre commercial, des établissements industriels sensibles, une zone artisanale sans porosité avec un quartier en construction...


Ce territoire dispose pourtant de ressources inexploitées : une situation d’entrée métropolitaine, une façade et une accessibilité fluviales, la proximité d’un espace naturel majeur... La ville productive consiste ici à entreprendre un décloisonnement urbain à partir d’un « site-interface ».


Celui-ci pose des enjeux d’accessibilité et de liaisons, d’ouverture au paysage, de réintégration de continuités naturelles et écologiques, mais également de programmation et d’architecture pour transformer l’image et les usages d’une porte métropolitaine en devenir.

STRATÉGIE DES COLLECTIVITÉS


Les communes de la Rive Droite inscrites dans l’OIN Euratlantique connaissent un développement métropolitain intense, essentiellement constitué de programmes de logements qui ont remplacé d’anciennes activités.


En réaffirmant la vocation économique, industrielle ou productive du site Plaine Sud Garonne, Bordeaux Métropole, la Ville et l’EPA attendent d’Europan des propositions de remaillage urbain et paysager incluant la voie Eymet (ancienne voie ferrée), les liaisons entre plaine et coteaux et un nouveau rapport au fleuve.


La stratégie vise à reconnecter le site au grand paysage, augmenter la porosité du parc d’activités de la Jacquotte et permettre son évolution qualitative, imaginer le devenir des terrains en bord de Garonne (usages, paysage, constructibilité, occupations) pour établir un dialogue avec leurs propriétaires, partenaires de la démarche Europan.


https://www.europanfrance.org/sites/single/316

BACK-GROUND


Cécile AMEIL, Hugo FRANCK, Victor ROCHER, Achille BREYSSE


L’idée première n’est pas de construire.

L’idée première est de libérer le sol.


Notre projet propose donc de regrouper, au sein de complexes d’espaces capables, les activités à la fois présentes sur le site et d’autres prévues d’y être installées, afin de libérer au maximum la terre et lui redonner son caractère productif, agricole et maraîcher.


Pour permettre à notre propos d’exister, nous élargissons le site de réflexion et présentons un phasage sur 30 ans afin de permettre aux acteurs locaux de réadapter leur mode de productivité et de s’intégrer dans notre projet, au sein d’un territoire en recherche d’identité, de manière durable.


L’ampleur des bâtiments proposés est une réponse pragmatique à cette volonté ressentie de densifier les activités sur le site, tout en minimisant leur emprise au sol.


L’architecture, l’image et bien entendu les dimensions de ces complexes sont (et seront, à chaque phase du projet) à requestionner en fonction d’un programme politique défini et détaillé, afin de minimiser les énergies mises en œuvre pour les construire.


Autrefois située à la marge de Bordeaux, Floirac en est aujourd’hui une partie intégrante et devient une des portes d’entrée de la ville agrandie, au carrefour d’axes structurants de communication de l’agglomération.


Peuplé d’histoires et de regards croisés, le paysage de la rive droite, celui de Floirac, s’est dessiné avec le temps un visage singulier fait d’identités antinomiques et ambivalentes.

Terre gagnée sur le fleuve, au départ totalement vouée à l’agriculture avec une vocation viticole et maraîchère, la rive de Floirac s’est rapidement industrialisée.


La terre humide, les marécages, la Garonne, les coteaux, l’appartenance au grand paysage : rien n’est visible. Comme si tout avait été effacé. L’identité du site a disparu, au profit de son utilité et de sa capacité à accueillir de l’industrie.


Entre coteaux et Garonne, nous souhaitons donc faire redécouvrir cette rive de Floirac. Lui permettre de profiter à nouveau des bénéfices d’un sol ancestral. Un retour à la biodiversité en même temps qu’une densification urbaine et donc d’une double productivité.

Les constructions que nous proposons sont des groupements, des complexes d’espaces capables, composés de plateaux de 3600M² (base 60/60M). Ils s’élèvent et forment des verticales qui se détachent du paysage horizontal de la rive droite, pour offrir des cadrages sur les coteaux, mais aussi des vues sur Bordeaux et la Garonne jusqu’alors imperceptibles depuis le site.


Ils sont de vrais lieux de production, de service et de résidence, mais aussi des lieux d’échange et de vie, grâce à une imbrication programmatique mêlant espaces de travail et de loisirs, espaces privés et espaces publics.

BACK-GROUND N°1 / 2030



Le premier ensemble construit prend place sur l’actuel site de BME, en interaction directe avec la voie Eymet, réhabilitée pour la mise en circulation du tramway rive droite.


Il reçoit dans sa base l’ensemble des entreprises présentes sur le site d’intervention Europan, mais aussi, dans les niveaux supérieurs, les nouvelles entités qui souhaitent s’implanter sur le territoire.

Libérées des contraintes d’emprise au sol, les activités peuvent se développer selon leurs besoins dans des espaces capables (plateaux de 3600m²) entièrement modulables.


Ce premier ensemble est également le signal du projet. Il l’ancre au territoire et vient faire naître la liaison téléphérique entre Bordeaux et Floirac.


De son cœur, animé par un espace public et d’échanges, sont accessibles l’ensemble des pôles de productivité, de services, de formations et d’hébergements dédiés aux différents secteurs d’activités.

A son sommet prend place un complexe multi sports, programme phare dédié à tous.



Le sol du site d’intervention est donc libéré est rendu à la ville et ses habitants.


Il devient, grâce à un aménagement paysagé spécifique, rétablissant le rôle de l’eau dans cette frange, alors lui-même productif : maraîchage, vignes, vergers, mais aussi prairies de pâture peuvent commencer à prendre place…


Des bateaux taxis (prolongement du réseau BAT3 existant) sont mis en place pour relier rive gauche et rive droite après le Pont Simone Veil.


Le projet souhaite en effet rendre le fleuve à Floirac, non par le traitement unique des quais, mais en prenant toute la zone Garonne jusqu’aux coteaux comme site de réflexion.

Dans ce même temps, le socle du troisième ensemble construit s’installe à proximité de la rocade. Il accueille, en lien direct avec RTE et l’apport énergétique qu’il permet, le dépôt de bus électriques souhaité et devient la base d’un pôle intermodal pour l’ensemble de l’agglomération Bordelaise.

BACK-GROUND N°2 / 2040



Le deuxième ensemble émerge avec à sa base l’ensemble du système RTE, ainsi qu’une nouvelle capacité d’accueil d’entreprises dans les niveaux supérieurs. Il propose également 500 logements dans la partie la plus haute, au-dessus des espaces publics et de proximité en son centre.


Dans ce temps, le pied de coteaux est également réinvesti par la végétation. Un parc aménagé jusqu’à la voie Eymet prend alors la place des entrepôts pouvant déménager sur les plateaux modulables du nouveau bâtiment.


La voie de circulation le long de la Garonne est enterrée sur une première largeur du site, correspondant à la phase N°2.

Le quai est alors renforcé pour faire face à d’éventuelles crues importantes de la Garonne dans les années futures.



L’emprise libérée est rendu aux habitants ; les aménagements paysagers, les cultures ainsi que les espaces de déambulations viennent donc jusqu’en bordure du fleuve sur lequel les carrelets, symboles et patrimoine de la région reprennent toute leur place.

L’eau de la Garonne pénètre de manière contrôlée à l’intérieur des terres grâce à un système de fossés qui bordent les chemins et délimitent les parcelles qu‘ils irriguent. Ils récupèrent également les eaux de ruissellement des coteaux. Peupliers, saules et oseraies retiennent les terres et révèlent le sol humide de cette zone.

BACK-GROUND N°3 / 2050



La voie de circulation le long de la Garonne est entièrement enterrée jusqu'à la rocade.

Le socle construit près de la rocade en phase N°1, contenant le pôle intermodal, peut s’élever.


Le troisième ensemble construit permet de libérer l’ensemble du site en accueillant les activités commerciales qui y sont présentes, dont Auchan qui alimente une grande partie de la rive droite.

Sur l’ensemble du sol libéré, rejoignant les prairies déjà présentes de l’autre côté de la rocade, s’alternent donc potagers, vignes, maraîchers, vergers, ainsi que des zones humides le long des quais permettant une biodiversité augmentée et l’affirmation d’un nouveau paysage végétal qui offrira une réserve naturelle à une flore et faune autrefois présentes sur le site.


La forêt existante au pied de ce troisième ensemble construit est prolongée jusqu’au fleuve. Celle au pied des coteaux s’est étendue. L’emprise libérée par Auchan et sa surface de stationnement se transforme en élevage agricole.




Face à la ville de pierre, le projet propose une poche de vie au visage changeant, rythmé par les saisons et les activités s’y développant.


Le territoire nous parle alors à la fois d’un ici et d’un là-bas, d’un là avec un ailleurs.


Car s’il est important de révéler un lieu, il est tout aussi essentiel de le lier à cet ailleurs, en nourrissant notre imaginaire.



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